L.I.E – Long Island Expressway

L.I.E - Long Island ExpresswayHowie, 15 ans, a perdu sa mère sur l’autoroute de Long Island. Elevé par son père qui ne s’intéresse pas à lui, il traîne avec ses amis et cambriole des maisons de son quartier. Lors d’une de ses intrusions, il se retrouve dans la maison de Big John, un quinquagénère que Gary (son ami) semble connaitre.

C’est sur cette autoroute que commence le film, cette « L.I.E », qui est l’environnement de Howie et qui va effectivement le faire naviguer à travers les interrogations et les mensonges.
Précédé d’une réputation sulfureuse (interdictions en tous genres et un peu partout), Michael Cuesta propose ici un premier film très ambitieux d’un point de vue esthétique et au niveau des thèmes abordés.
Il est en effet rare d’aborder, lors de son premier film des thèmes comme la pédophilie, l’homosexualité ou la prostitution enfantine. Des thèmes particulièrement casse-gueule car il est plutôt facile de ruiner sa réputation en commettant des erreurs. Heureusement ce n’est pas ici le cas, et on a droit à un film extrêmement ambigu et prenant. Cependant, derrière ces thèmes sulfureux sont cachés d’autres thèmes plus fréquemment abordés comme la place des adolescents par rapport à leur famille, le vide affectif, et la recherche de son identité. Des thèmes très importants qui construisent un fond.

Se basant sur des personnages très bien écrits, Cuesta arrive à faire passer bon nombre de choses implicitement, à travers des regards ou des attitudes à en dire bien plus et de bien meilleure façon qu’avec des mots. Les relations qui se nouent peuvent finalement choquer et on peut comprendre effectivement les interdictions (un peu lourdes toutefois) car le film joue un peu avec le feu (difficile d’aller plus loin sans révéler trop l’histoire). Interprêté avec un grand talent par un Brian Cox (il interprétait Hannibal Lecter dans « Le 6ème Sens » de Michael Mann) déconcertant, et entouré par des jeunes acteurs extrêmement crédibles (Paul Franklin Dano et Billy Kay), le film bénéficie d’un univers qui ne sonne faux à aucun moment.

Pour illustrer son propos, Cuesta, issu du clip, opte pour une esthétique assez dépouillée et sans fioriture. Les « gadgets visuels » ne sont pas utilisés à tord et à travers (vu son parcours, on pouvait le craindre), au contraire. Les plans sont variés et la photo très réussie, si bien que le résultat apparaît comme résolument moderne sans être tappe-à-l’oeil. Les partis pris esthétiques sont importants et ont une vraie signification dans le film, dans les personnages et dans leurs rapports.

En arrivant à éviter de faire un énième « film d’ado » trash, Cuesta a complètement réussi son pari de nous montrer une histoire qui prend des partis pris et des points de vue rares et posant des questions. Sans apporter particulièrement de réponses (on est loin d’une histoire-exemple), la différence de point de vue permet d’accrocher le spectateur et de le mettre en face de problèmes souvent occultés.
Un film différent qui trouvera probablement un public à la recherche d’un cinéma différent. A ne pas rater car il apporte un réel quelque chose dans le paysage du cinéma indépendant américain.

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