Lantana

LantanaLeon est un flic australien qui voit son mariage partir à vau-l’eau. Se sentant coupable d’avoir trompé sa femme, il se réfugie dans une affaire de disparition pour oublier son sentiment de culpabilité.

Beau titre que celui de ce film, et parlant à l’imagination de surcroit.
‘Lantana’ comme lent, ‘lantana’ comme lancinant… On dirait le titre d’une ballade, d’une valse mortuaire.
En cherchant bien on découvre que ce joli titre a une explication plus rationnelle : le lantana est ce buisson australien qui dissimule sous ses fleurs roses des épines acérées et un feuillage particulièrement dense. En pénétrant lentement dans cet enchevêtrement végétal, la caméra nous fait découvrir aux tout premiers plans du film le corps d’une femme. Ce long métrage venu des antipodes s’ouvre donc sur une image-énigme : qui est cette femme et de quoi est elle morte – ou plutot qui l’a assassiné (nous sommes dans un film noir après tout…) ?

Du film noir ce long métrage de Ray Lawrence reprend quelques codes traditionnels : le personnage central du flic vaguement paumé, la complexité du scénario, les nombreux personnages secondaires…
Mais beaucoup plus qu’un simple bon film de genre, Lantana saute les frontières et empiète bien vite sur d’autres territoires. La première énigme à résoudre pour le personnage principal (Leon) n’est pas celle -policière- auquelle on est en droit de s’attendre, mais celle, bien plus compliquée encore, de sa propre vie et de son mariage.

Cultivant l’art de l’opacité, Lantana nous entraine dans un monde où le mensonge et les non-dit font plus de mal que tous les crimes. Si les mariages se brisent et si les morts restent inexpliquées, la raison en incombe à l’incommunicabilité qui pourrit l’existence des personnages. Dans ce registre l’acteur qui joue le flic de service (Anthony La Paglia) est impressionnant de mutisme buté et brutal. Introverti jusqu’à l’autisme douloureux, il n’arrive jamais à dire les choses. Souffrant de cette impuissance il projette sa haine et sa frustration dans cette affaire de disparition. Et les histoires, comme le lantana, finissent par emmeler leurs rameaux et les mensonges qui les hantent, jusqu’à perdre le spectateur dans un sentiment de malaise persistant et particulièrement bien mis en place.
Le mensonge est à la racine de tout mal semble voulour nous dire le réalisateur, et c’est ainsi que parmi toute la collection d’échecs sentimentaux et de mariages en naufrage que le film passe en revue, il est flagrant de constater que les seuls personnages qui aient l’air heureux soit un couple dans lequel règne la confiance.

C’est à partir de cette confiance regagnée que l’énigme initiale se dénouera, et que les personnages apprendront à se retrouver.

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